Alliance des Riverains des Plantations Socfin/Bolloré



Plantations d’hévéas, novembre 2011, Côte d’Ivoire

Plantations d’hévéas, novembre 2011, Côte d’Ivoire

Depuis 2010, le ReAct accompagne les riverains des plantations industrielles d’une FMN luxembourgeoise, la Socfin. Le groupe Bolloré détient 38,75% de la Socfin, et a également des participations dans les holdings Socfinaf et Socfinasia (consulter l’organigramme de Socfin).

L’activité principale de Socfin consiste en la gestion d’un portefeuille de participations axées sur l’exploitation de plus de 181 000 hectares de plantations tropicales de palmiers à huile et d’hévéas, situées en Afrique et en Asie du Sud-Est. Ces dernières années, nombre de ces plantations ont vu  une expansion significative de leur surface. Entre 2010 et 2014, la superficie totale des plantations est passée de 104 424ha à 181 369ha, soit une augmentation de 29% en 4 ans. Ces expansions ainsi que les implantations de certaines plantations provoquent des conflits importants avec les communautés locales.

Appuyés par le ReAct, et organisés en associations ou en syndicats, les riverains du Cameroun, Libéria, Sierra Léone, Côte d’Ivoire et Cambodge ont créé l’Alliance Internationale des Riverains des plantations de Socfin-Bolloré. Leur mise en contact, puis le partage régulier d’informations, leur a permis de construire une stratégie collective de défense de leurs droits. Ils portent ensemble leurs revendications communes pour négocier auprès des groupes Bolloré et Socfin et obtenir gain de cause.

Pour en savoir plus sur les conflits entre les filiales de Socfin et les communautés locales :

ONU : rapport de l’UNMIL : Human Rights in Liberia’s Rubber Plantations: mapmondeTapping into the Future
IFC – Banque Mondiale  : Environmental & Social Review Summary
PCN – OCDE : Principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales : Communiqués du Point de Contact National Français : « Le PCN appelle les partenaires de la SOCAPALM à prendre leurs responsabilités » et « SOCAPALM : un plan d’action concerté visant l’amélioration des conditions de vie et de travail des employés de la plantation et des populations locales »
OECD Watch : Environmental and labour violations at SOCAPALM in Cameroon
FIDH : Cambodia: Land Cleared for Rubber, Rights BulldozedCambodge : Terrains défrichés, droits piétinés
Oakland Institute : « Understanding land investment deals in Africa : Socfin land investment in Sierra Leone« , « Comprendre les investissements fonciers en Afrique : le projet Socfin en Sierra Leone »
CCFD-Terre Solidaire : Investissements agricoles : sécurité alimentaire ou financière ?
WRM : Le palmier à huile en Afrique
Farmlandgrab : The Socfin land deal missing out on best practices: Report on fact finding mission to Malen Chiefdom, Pujehun District, Sierra Leone
Sherpa : Des palmiers et des hommes : Comment la SOCAPALM viole les droits sociaux et environnementaux des communautés locales
Et quelques photos d’Isabelle Ricq

Historique du projet

Entre 2010 et 2012, les organisateurs.trices du ReAct se sont rendus à plusieurs reprises dans les plantations pour partager leurs méthodes

Réunion de riverains, Libéria, mars 2012.

Réunion de riverains, Libéria, mars 2012.

d’organisation collective avec les communautés locales afin de dépasser la division, la corruption de certains chefs traditionnels et autorités administratives locales et le sentiment d’impuissance qui en résulte. L’identification des leaders locaux et leur appui dans la création ou le renforcement d’organisations locales solides et démocratiques a permis aux riverains de s’organiser et de retrouver du pouvoir à travers le collectif, et de se positionner en interlocuteurs légitimes et représentatifs.

 

 

 

Bolloré quitte l’AG des actionnaires pour venir recevoir la lettre de l’Alliance, Paris, France, 5 juin 2013.

Bolloré quitte l’AG des actionnaires pour venir recevoir la lettre de l’Alliance, Paris, France, 5 juin 2013.

2013
Après de nombreux échanges entre les organisations de riverains de 5 pays, la première lettre de revendications communes est rédigée et remise en main propre à Vincent Bolloré le 5 Juin, lors de l’assemblée générale des actionnaires du groupe à Paris. l’Alliance des Riverains des Plantations Socfin-Bolloré rassemblant les organisations du Cameroun, de Côte d’Ivoire, du Liberia, de Sierra Leone et du Cambodge est ainsi officialisée. Au même moment, dans les différents pays, les communautés se mobilisent : la première action transnationale a lieu. En Sierra Leone, plusieurs centaines de villageois occupent les terrains de la plantation SAC. En Côte d’Ivoire, une marche pacifique de riverains est bloquée par les forces de police alors qu’ils se dirigeaient vers l’usine centrale et les bureaux administratifs pour délivrer leur message à la direction de la plantation SoGB. A Douala, au Cameroun, 200 paysans et chefs traditionnels ont fait la route depuis leur ville pour se rassembler en tenue traditionnelle de deuil devant le siège de la plantation Socapalm, pour signifier la perte qu’ils subissent. A Paris, ce sont des Camerounais, Ivoiriens et autres ressortissants des pays concernés qui se rendent au siège du groupe Bolloré : armés d’arrosoirs, de bêches et de râteaux, ils commencent à bêcher la pelouse. « On n’a plus de terres disponibles dans notre pays, alors on vient planter le manioc, dans votre pelouse » s’exclame un camerounais originaire d’un village affecté directement par les activités de ces plantations.

Les revendications sont similaires du Cameroun à la Sierra Leone :
Des rétrocessions de terres pour garantir un espace vital autour des villages riverains pour les paysans locaux.
Des compensations pour cette privation de terres et de forêts, sous forme d’infrastructures, de services sociaux, d’appui aux plantations villageoises, etc.

 

 A la fin de l’année, le ReAct se rend au Cambodge et appuie le renforcement de l’organisation locale. L’association cambodgienne rejoint alors l’Alliance des riverains.

Les riverains cambodgiens découvrent les photos des plantations africaines, Cambodge, décembre 2013.

Les riverains cambodgiens découvrent les photos des plantations africaines, Cambodge, décembre 2013.

2014
Suite aux pressions des riverains membres de l’Alliance, Bolloré cède et accepte de recevoir les représentants des organisations de riverains : la première négociation transnationale a lieu à Paris le 24 Octobre. Le groupe Bolloré reçoit reconnait leur demande d’une expertise indépendante pour faire la lumière sur les conflits fonciers et promet l’organisation d’une nouvelle rencontre l’année suivante pour faire le point sur les avancées, le temps d’amener Socfin autour de la table que le groupe a boudé une première fois.

Négociation transnationale au siège du groupe Bolloré, Paris, France, novembre 2014

Négociation transnationale au siège du groupe Bolloré, Paris, France, novembre 2014

2015 
Plusieurs actions transnationales de solidarité sont organisées contre les arrestations de leaders d’organisations de riverains au Libéria et en Sierra Léone.

Le calendrier fixé lors de la négociation n’ayant pas été respecté, et Bolloré ne parvenant pas à amener Socfin au dialogue, une nouvelle série d’actions est organisée entre Avril et Juin : Blocages pacifiques des plantations de Dibombari puis Mbongo au Cameroun, marche des villages jusqu’à la direction de la plantation de LAC au Liberia, Sit-in au Cambodge, Assemblée populaire en Côte d’Ivoire.  Suite à cela, des négociations locales sont ré-ouvertes au Cameroun, au Cambodge et au Liberia. Des plateformes tripartites de négociation sont mises en place au Cambodge et au Cameroun (communautés-entreprise-autorités locales). Bolloré réitère son engagement de « faire le maximum pour amener Hubert Fabri autour de la table pour une négociation internationale ».

 

Organisations membres de l’Alliance Internationale des Riverains des Plantations Socfin-Bollorélogo alliance riverains

  • Synergie Nationale des Paysans et Riverains du Cameroun (Synaparcam)
  • Union des Villages Déguerpis (UVD), Côte d’Ivoire
  • Malen Affected Land Owners and users Association (MALOA), Sierra Leone
  • Districts Three and Four Affected Communities of LAC (LACDISTFAC) Libéria
  • Bunong Indigenous People Association (BIPA), Cambodge

 


TOP
Prenez contact !

Nous ne sommes enligne en ce moment. Mais vous pouvez nous envoyer un email et nous allons revenir à vous, dès que possible.

Questions, issues or concerns? I'd love to help you!

Cliquer sur ENTRÉE pour commencer